Demain dès l’aube

Ce soir là, le spectacle était plutôt bon sur la scène. Gérard Berliner présentait « Mon alter Hugo ».

En rentrant chez moi, je me disais : « Il est gonflé quand même, faire des chansons avec des textes d’Hugo ». Pourtant, je pensais qu’il avait raison. Que oui, finalement, il faut oser toucher aux monstres sacrés, que ça n’est pas, ni prétentieux, ni un manque de respect et qu’on pouvait le faire avec humilité. Le spectateur prend, en plus de l’original, si il aime, et oublie s’il n’aime pas.

Malgré tout, pendant ce spectacle,  je n’étais pas toujours convaincu par les choix de Gérard, alors je me suis dit : « Et toi t’aurais fait comment ? Hein ? Pas si facile… » . Du coup, par honnêteté intellectuelle et parce que j’aime le rythme de Victor Hugo, je me suis plié au jeu.

 

Poème : Victor Hugo / Musique : Hervé Bargy

Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

 

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

 

Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.